Anthropologie des corps glorieux (et autres...)

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En plein vent

J'avais commencé à repenser à cette note perdue. Puis d'autres sont remontées à la surface de ma mémoire.

Je me suis souvenue que si je devais un jour écrire un livre, j'utiliserais certaines phrases plutôt que d'autres.

Avant que je parte, il était ici question de mauvaise blague, de cheval à bascule, de voyages. Entre autres.

De quoi est-il vraiment question ici?

 

De quoi sont donc faits nos espaces respectifs? Qu'est-ce qui les rend si importants à nos yeux?

Les vôtres, peut-être...

Voire.

 

Ce qui les rend précieux. Uniques.

 

C'est la capacité à s'humaniser. A se réhumaniser, plutôt. Trouver un temps, se le choisir. Une position. Un environnement. Etre seul face à un écran, le sien dans la pénombre d'une pièce privée. Noyé au milieux de dizaines de machines squattées par les joueurs du cyber café du coin. En wifi. En musique. En solo.

Peu importe.

 

A part bien sûr, cette capacité à s'extraire du temps et de l'espace quotidiens, d'ouvrir cette minuscule parenthèse, aussi fine que du papier à cigarettes et d'écrire. Et décrire.

 

L'amour, le coït, le travail, les enfants, les errances de l'âme, les souffrances du corps, les inquiétudes, les futilités, les bassesses et la grandeur.

 

Toutes ces choses, infimes, intimes. Qu'il est impossible de partager avec quiconque. Qu'on a même plus le temps de regarder, de reconnaître.

 

Ici. L'espace de l'intime. Le radeau.

 

Maintenant. Comme naufragé en plein vent.

 

J'hésite encore pour l'instant.

41 Commentaires 3.9.07 13:40, Commenter

Gloups!! tournez le dos, et voilà!!

37 Commentaires 30.8.07 18:45, Commenter

Sous le parapluie orange

Faut-il que nous mourrions ensemble?

Je ne sais pas d'où me revient cette phrase... Ni quel rapport elle pourrait avoir avec les six bracelets de métal tintant à mon poignet.

Le sens aujourd'hui n'en a pas beaucoup et l'orange de mon parapluie me manque soudain.

Je me trouvais en dessous, par n'importe quel temps, et le ciel gris se faisait lumineux, éclairé. J'entendais y tomber la pluie comme depuis l'intérieur d'une deux-chevaux. Je pouvais voir les éclairs à travers sa membrane de plastique.  Une sorte de transparence orangée. Une sorte de barrière au monde qui éclairait les visages se trouvant dessous.

Le parapluie orange était une frontière entre le monde et moi. Une sorte de prisme éclairant. Un voile pétillant. Je me sentais bien quand il était ouvert sur ma tête.

 

Le parapluie orange, je l'ai perdu hier.

Et d'un coup le monde me semble plus gris, plus sombre. Un peu plus opaque.

Faut-il que nous mourrions ensemble? me dis-je en pensant au parapluie orange...

Faut-il qu'un seul parapluie me manque et que le monde se grise subitement..?

Y a-t-il du sens dans les accessoires?

Le monde se pare d'un son différent quand les six bracelets de métal tintent à mon poignet.
Le monde est moins lisible lorsque je pose mes lunettes.
Le monde était moins triste, sous le parapluie orange...

Il suffit de pas grand-chose...

 

50 Commentaires 22.11.06 16:05, Commenter

Il se pourrait...

"Etrangement, se mèle une notion de douleur
à l'amour que l'on porte à certain livre..."
P.Djian

Il se pourrait que, sans le savoir, nous soyons tous des auteurs...

Oui. Nous n'avons pas la prétention de publier un jour, nous n'avons pas le désir d'être célèbres, ni même reconnus.
Pourtant, c'est bien de reconnaissance qu'il s'agit. Nous nous reconnaissons les uns les autres, nous nous lisons.

Nous participons, sans nous en rendre compte, à la constitution de ce maillage complexe qui réunit tous nos écrits en un même volume, qui nous assimile les uns aux autres, qui nous lit.

Nous sommes liés. Parce que nous lisons. Parce que nous écrivons.

Et parfois cette sensation peut s'avérer pesante. Il peut m'arriver de me sentir dépossédée par la seule action de l'écriture, par la seule action de la lecture.

Alors, oui, je trouve que malgré l'amour porté à certain livre, une sensation de douleur pointe, un peu.

Car ce livre, c'est autant le mien que le vôtre. Et que, du coup, je ne sais plus très bien ce qui me pousse à écrire.
Pas de scénario, pas de publication en vue, pas d'histoire à inventer, même pas de thème.

Il se pourrait que mon livre reste ouvert sur une page blanche...
En attendant que l'écriture reprenne un sens. Peut-être. Je ne sais pas.

Mais cet espace est le vôtre. Libre à vous de l'emplir.

J'aimerais que vous m'y rameniez...

 

 

68 Commentaires 20.10.06 17:23, Commenter

remix

Je n'y arrive plus.

Mon energie semble s'être déplacée ailleurs...

Tu sais, maintenant je prends des photos. J'exerce mon oeil, j'ai envie de voir.
Comme si j'étais fatiguée de ressentir uniquement à l'intérieur, j'ai besoin des traces visibles de ce ressenti. Et je suis triste que les mots ne semblent plus suffire.

Je changerai d'avis comme de chemise. J'en passerai une nouvelle, la matière sera différente, les motifs aussi...

Ou pas du tout.



"ça peut finir demain..."

Je ressens maintenant l'aléatoire de mes choix, de mes envies, de ma
créativité...

Le mouvement de la vie en quelque sorte... C'est plutôt pas mal.



"ça peut revenir demain..."

Ou pas...

27 Commentaires 1.10.06 15:07, Commenter

Mauvais tropique

Je ne l'aurais pas cru si on me l'avait dit un jour, tu sais. Que moi, je serais contrainte à...

Tu sais, c'est injuste je pense. Mais moi, comme une idiote, tu vois je croyais que je n'étais pas tout le monde, que ce genre de choses ne pourrait pas m'arriver. Et tu vois, pourtant...

En écoutant, c'est comme si je touchais du doigt le fil invisible et ténu qui nous retient debout et nous fait respirer. C'est comme si j'avais senti, du bout des doigts, un lien minuscule se casser de la corde. C'est comme si je me promenais dans un ventre de femme, en visite. Et maintenant Messieurs-Dames permettez-moi de vous présenter l'Utérus...
De ce côté-là, derrière nous, le vagin, sur les côtés en remontant les ovaires... ah non tiens, il y en a un qui m'a l'air bizarre...

J'ai vu passer une femme. Ce matin. Un foulard gris sur la tête, elle marchait droit devant.

Elle s'est arrêtée à la station de bus, nous avons souri toutes les deux devant son chemisier à moitié rempli.

Et ici Messieurs-Dames, vous pouvez observer l'intérieur de la poitrine. Le permis de démolition de l'aile droite a été accordé...

Vous savez, je croyais que ça ne m'arriverait jamais. C'est étonnant n'est-ce pas? L'on se dit que le mal ne viendra que de l'extérieur et qu'on pourra l'affronter...

J'ai trente-trois ans, signe du cancer...

Et nous rîmes ensemble devant l'horreur du fil qui se casse.

Quelle blague!

13 Commentaires 16.9.06 19:06, Commenter

les sourires de Quisas

"sourire est la meilleure façon de montrer les dents au destin "

 

Il est certains sourires qui ressemblent à des morsures se dit-elle rêveusement.

 

Des sourires rageurs, en dépit de tout comme de n'importe quoi, des sourires de défi, des sourires de défiance.

Des sourires aussi tristes que des visages de cadavres.

Des sourires qu'on ne mesure pas. Des qu'on n'attend pas. Des qu'on ne voit pas.

Des sourires aux lèvres qui se transmettent en baisers. Des qui fanent juste après floraison.

 

Des sourires brillants de pluie salée. Des sourires étirés comme les peaux des tanneurs. Des plutôt colorés, éclatants. Le bonheur.

Des sourires coups de poing et des sourires de chatte. Nuancés de gris quand c'est ni blanc ni noir.

Des sourires onctueux comme l'intérieur d'un macaron, des sourires piquants comme le citron sur la langue.


Il est certains sourires, de ceux que j'ai quand je lis parmi vous...
Vous me les arrachez, et c'est si bon. Encore...

7 Commentaires 9.9.06 13:07, Commenter