Anthropologie des corps glorieux (et autres...)

Vague! Ah bon?!

Qu'est ce que vous faites encore là?!

hop hop hop! faut pas rester là!

Oui je sais, j'ai pas prévenu. Rhoooooo ça va hein. Je vous laisse pas sans rien non plus. 

J'ai fait suivre le courrier*... 

 

 

 

 

 

*http://quisas-quisas.blogspot.com/

3 Commentaires 7.9.07 16:17, Commenter

En plein vent

J'avais commencé à repenser à cette note perdue. Puis d'autres sont remontées à la surface de ma mémoire.

Je me suis souvenue que si je devais un jour écrire un livre, j'utiliserais certaines phrases plutôt que d'autres.

Avant que je parte, il était ici question de mauvaise blague, de cheval à bascule, de voyages. Entre autres.

De quoi est-il vraiment question ici?

 

De quoi sont donc faits nos espaces respectifs? Qu'est-ce qui les rend si importants à nos yeux?

Les vôtres, peut-être...

Voire.

 

Ce qui les rend précieux. Uniques.

 

C'est la capacité à s'humaniser. A se réhumaniser, plutôt. Trouver un temps, se le choisir. Une position. Un environnement. Etre seul face à un écran, le sien dans la pénombre d'une pièce privée. Noyé au milieux de dizaines de machines squattées par les joueurs du cyber café du coin. En wifi. En musique. En solo.

Peu importe.

 

A part bien sûr, cette capacité à s'extraire du temps et de l'espace quotidiens, d'ouvrir cette minuscule parenthèse, aussi fine que du papier à cigarettes et d'écrire. Et décrire.

 

L'amour, le coït, le travail, les enfants, les errances de l'âme, les souffrances du corps, les inquiétudes, les futilités, les bassesses et la grandeur.

 

Toutes ces choses, infimes, intimes. Qu'il est impossible de partager avec quiconque. Qu'on a même plus le temps de regarder, de reconnaître.

 

Ici. L'espace de l'intime. Le radeau.

 

Maintenant. Comme naufragé en plein vent.

 

J'hésite encore pour l'instant.

1 Commentaire 3.9.07 13:40, Commenter

Gloups!! tournez le dos, et voilà!!

5 Commentaires 30.8.07 18:45, Commenter

Es-tu bienheureux Alexandre?

«Le jour de mon mariage, j'avais l'air d'un grand homosexuel suédois...»

 

Philippe Noiret

Parfois, on voudrait juste dire qu'on a eu une belle vie...

On entend parfois dire "c'est une belle mort"...

Où est la frontière entre un duc et un baron?

 

Restent encore Marielle et Rochefort, mes deux préférés c'est vrai.
Mais enfin, quand même...
Les grands Ducs étaient comme les mousquetaires, c'est à dire qu'ils étaient trois, tu vois..?

Alors quelle idée...

Tu as déjà pensé à ton épitaphe?

 

Ben quoi? Elle est bien celle du mariage non?!
Ah pour moi tu veux dire...
On peut en avoir deux, c'est possible tu crois?

J'ai assez ri...
Merci d'être venu...

 

Alexandre le Bienheureux, je suis triste parce que, comme
 un parapluie orange, tu mettais de la couleur dans ce monde...

 

6 Commentaires 24.11.06 14:13, Commenter

Sous le parapluie orange

Faut-il que nous mourrions ensemble?

Je ne sais pas d'où me revient cette phrase... Ni quel rapport elle pourrait avoir avec les six bracelets de métal tintant à mon poignet.

Le sens aujourd'hui n'en a pas beaucoup et l'orange de mon parapluie me manque soudain.

Je me trouvais en dessous, par n'importe quel temps, et le ciel gris se faisait lumineux, éclairé. J'entendais y tomber la pluie comme depuis l'intérieur d'une deux-chevaux. Je pouvais voir les éclairs à travers sa membrane de plastique.  Une sorte de transparence orangée. Une sorte de barrière au monde qui éclairait les visages se trouvant dessous.

Le parapluie orange était une frontière entre le monde et moi. Une sorte de prisme éclairant. Un voile pétillant. Je me sentais bien quand il était ouvert sur ma tête.

 

Le parapluie orange, je l'ai perdu hier.

Et d'un coup le monde me semble plus gris, plus sombre. Un peu plus opaque.

Faut-il que nous mourrions ensemble? me dis-je en pensant au parapluie orange...

Faut-il qu'un seul parapluie me manque et que le monde se grise subitement..?

Y a-t-il du sens dans les accessoires?

Le monde se pare d'un son différent quand les six bracelets de métal tintent à mon poignet.
Le monde est moins lisible lorsque je pose mes lunettes.
Le monde était moins triste, sous le parapluie orange...

Il suffit de pas grand-chose...

 

6 Commentaires 22.11.06 16:05, Commenter

Voix d'eau

Il l'avait attendu longtemps...

Bon dieu, comme on l'avait baladé d'un coup de fil à un autre.
"Oui oui bien sûr la semaine prochaine promis juré!!"

Pourtant, il ne suffit de pas grand-chose dans la vie. De la chaleur, de l'eau dit-on. Un peu de soleil, un poil de vent, pas trop. Sentir juste que ça frissonne légèrement sous la chemise, que ça soulève un peu les cheveux sur la nuque. Pas trop.

 

Il l'avait attendu longtemps.

Comme une pierre de plus apportée à l'édifice. Comme un pas supplémentaire dans la montée.

C'est important et ces choses-là mettent un temps fou à venir.
C'est si long qu'on ne voit même plus que ça avance.
On aurait presque tendance à dire que ça recule. Presque.

Et putain quand est-ce que j'en verrai le bout tu pourrais me le dire?

Nan, j'en sais rien...

Parce ce que, tu sais, ils sont lourds ces bidons de 25, tu peux pas savoir...

Nan, j'en sais rien...

 

Et puis on lui a dit mercredi 14h00 monsieur.

Mercredi 14h00... ça a sonné drôlement bien comme date. Ouais, vachement bien.
Mercredi 14h00, ça sonne un peu comme une ouverture, comme des vacances, ça coule tranquille sous le soleil d'hiver. Mercredi 14h00...

J'avais déjà la chaleur. Et voilà que j'ai l'eau maintenant... Mercredi 14h00

Un raccord supplémentaire. Une marche de moins à gravir.

Ca, on peut dire que ça te motive un mec, pour sûr.

Une fois les gars partis, toutes vérifications faites, rester seul quelques minutes et fermer les yeux en imaginant le cheminement de l'eau dans les tuyaux...

On l'entendrait presque ce battement dans les veines de la maison. Suffit d'un peu de concentration c'est tout...

Attends que ma main s'avance et que je tourne le robinet...
T'as encore rien vu. Un quart de seconde, Versailles se donne rendez-vous chez moi...

Ouais. Il l'avait attendu longtemps.

Ca valait la peine.

 

5 Commentaires 11.11.06 18:51, Commenter

Il se pourrait...

"Etrangement, se mèle une notion de douleur
à l'amour que l'on porte à certain livre..."
P.Djian

Il se pourrait que, sans le savoir, nous soyons tous des auteurs...

Oui. Nous n'avons pas la prétention de publier un jour, nous n'avons pas le désir d'être célèbres, ni même reconnus.
Pourtant, c'est bien de reconnaissance qu'il s'agit. Nous nous reconnaissons les uns les autres, nous nous lisons.

Nous participons, sans nous en rendre compte, à la constitution de ce maillage complexe qui réunit tous nos écrits en un même volume, qui nous assimile les uns aux autres, qui nous lit.

Nous sommes liés. Parce que nous lisons. Parce que nous écrivons.

Et parfois cette sensation peut s'avérer pesante. Il peut m'arriver de me sentir dépossédée par la seule action de l'écriture, par la seule action de la lecture.

Alors, oui, je trouve que malgré l'amour porté à certain livre, une sensation de douleur pointe, un peu.

Car ce livre, c'est autant le mien que le vôtre. Et que, du coup, je ne sais plus très bien ce qui me pousse à écrire.
Pas de scénario, pas de publication en vue, pas d'histoire à inventer, même pas de thème.

Il se pourrait que mon livre reste ouvert sur une page blanche...
En attendant que l'écriture reprenne un sens. Peut-être. Je ne sais pas.

Mais cet espace est le vôtre. Libre à vous de l'emplir.

J'aimerais que vous m'y rameniez...

 

 

27 Commentaires 20.10.06 17:23, Commenter